Angoisses et TCCE

Cet article est une approche pédagogique. Il vise à simplifier les concepts sans prétendre à une rigueur scientifique ou médicale.

Quelques mots sur l’angoisse

Je vous propose d’aborder ici le sujet des crises d’angoisse mais avant, clarifions quelques termes pour ne pas les confondre. L’angoisse, par exemple, ce n’est pas du stress.

Le stress est une réaction d’adaptation à une situation précise et identifiable (un examen par exemple). Le stress s’arrête une fois que l’évènement est passé.

L’anxiété est un état d’inquiétude généralisé où l’individu anticipe constamment des problèmes ou des dangers. L’anxiété peut engendrer des crises d’angoisse ou attaque de panique.

Et l’angoisse est une expérience émotionnelle intense. C’est le stade où l’émotion déborde dans le corps. Les causes de l’angoisse ne sont pas claires, elles ne sont pas toujours clairement identifiées.

L’angoisse est un message d’alerte: le cerveau détecte une menace ou une insécurité et prépare le corps à la survie.

Lorsqu’on est face à un danger, le cerveau envoie des messages rapides au corps pour que celui-ci se prépare à l’action à savoir combattre ou fuir ! Sauf que, dans le cas des angoisses, comme on ne sait pas bien identifier la menace et qu’il n’y a pas de danger imminent ou visible, aucune action n’est possible donc toute l’énergie reste « coincée » dans le corps et provoque donc tous les symptômes que nous connaissons : cœur qui s’emballe, sensation d’étouffer, transpiration, vertige, envie de vomir, sensation de mort imminente, etc..

Votre corps ne vous trahit pas, il vous protège.

Vous allez me dire : « De là à le remercier, non merci ! »

Et si pourtant c’était une des clés de résolution du problème ? Accepter que tout ce que nous ressentons lors d’une crise d’angoisse n’est pas un danger mais une réponse pour nous protéger du danger ! Notre corps ne nous abandonne pas, au contraire, il fait merveilleusement bien son travail.

C’est juste qu’il est un peu excessif : il a besoin d’un peu d’aide pour identifier correctement les VRAIES situations de danger.

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que l’angoisse ce n’est pas une fatalité (et je sais que ce n’est pas facile à croire quand on est en plein dedans). Il y a de nombreuses techniques qui permettent d’atténuer les crises sur le moment et ensuite de « recalibrer » notre cerveau pour qu’il n’appuie plus sur la sonnette d’alarme n’importe quand !

La TCCE (Thérapie cognitive, comportementale, et émotionnelle)

C’est le courant psychothérapeutique le mieux validé par la recherche.

La TCCE se concentre sur l’interaction entre trois éléments clés :
Les pensées (le cognitif) : ce que je pense, mon discours intérieur,
Les comportements : ce que je fais,
Les émotions : ce que je ressens.

L’idée centrale de la TCCE est que ce ne sont pas les événements extérieurs qui causent notre souffrance, mais la manière dont nous les interprétons.

Par exemple, si j’ai peur d’être enfermé(e) quelque part parce que je pense que ‘je vais mourir’ (Pensée), mon cœur s’accélère, j’ai très peur (Émotion/Physique), et je fais en sorte de ne jamais être enfermé(e), et donc par exemple j’évite de prendre l’ascenseur (comportement).

La TCCE aide à briser ce cercle.

En étudiant le lien entre nos pensées, nos comportements et nos émotions, la TCCE permet de remplacer les croyances erronées et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité.

La TCCE, est ce que c’est que pour les angoisses ?

Non. Même si on associe volontiers les deux car la TCCE est très efficace dans ce cadre précis, les Thérapies Cognitvo-Comportementales ont été validées par la HAS (Haute autorité de santé) pour d’autres troubles comme la dépression, les troubles anxieux, les TOC, les troubles du comportement alimentaires.

La TCCE est une thérapie « orientée vers le problème ». Si vous avez un comportement ou un schéma de pensée qui vous gâche la vie au quotidien — peu importe qu’il s’agisse d’angoisse ou non — elle peut vous donner des outils pratiques pour changer.